Quels skills Claude Code créer ? Les 5 qui comptent ne produisent rien

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J’ai 34 skills sur Claude Code. Et les cinq que je lance tous les jours ne fabriquent aucun contenu. Pas un article, pas une image, pas une vidéo montée.

Quand on cherche quels skills Claude Code créer, on tombe sur des listes de skills qui produisent quelque chose. Un skill qui rédige, un skill qui génère des visuels, un skill qui audite ton SEO. C’est le réflexe normal, et c’est celui que j’ai eu.

Sauf qu’au bout de quelques mois j’ai regardé lesquels je lançais vraiment. Et ce n’étaient pas ceux-là. C’étaient les skills de liaison : ceux qui ne sortent rien à montrer, mais qui propagent ma mémoire, ma voix, ma sécurité et mon honnêteté dans tous les autres.

Voilà les cinq, dans l’ordre où je te conseille de les construire : la passation entre sessions, le contradicteur, la voix, le filtre anti-tics d’IA, et l’audit de sécurité. Aucun ne produit de livrable. Sans eux, le reste part dans tous les sens.

Tu préfères regarder plutôt que lire ? Je montre les cinq skills en direct, avec les vraies sorties à l’écran.

C’est quoi un skill Claude Code, concrètement

Un skill, c’est une compétence que tu donnes à ton IA. Techniquement, c’est un simple fichier texte au format markdown, un SKILL.md, qui décrit une méthode de travail : quoi faire, dans quel ordre, avec quelles règles.

Claude Code le charge tout seul quand la situation correspond. Pas de code à écrire, pas d’abonnement en plus.

Concrètement, il vit dans un dossier .claude/skills/ à la racine de ton projet, un sous-dossier par skill. Celui dont je parle plus bas est dans .claude/skills/avocat/, et je l’appelle en tapant /avocat suivi de ma question.

C’est pour ça que tout le monde en accumule. Un skill se crée en dix minutes et s’installe en une commande.

Et c’est aussi pour ça que la question intéressante n’est pas « lequel installer », mais lesquels tu dois écrire toi-même parce que personne d’autre ne peut les écrire à ta place.

Pourquoi accumuler des skills finit par casser ton système

Plus tu empiles de skills qui produisent, plus ton travail dérive. J’ai vu trois dérives arriver chez moi, dans cet ordre.

Ta voix change d’un skill à l’autre. Le skill qui écrit tes articles n’a pas la même façon de parler que celui qui écrit tes posts. Au bout de dix contenus, ta marque sonne comme dix personnes différentes.

Tu perds le fil entre tes sessions. Tu tranches une décision un mardi, tu rouvres le sujet le vendredi, et l’IA repart de zéro. Tu refais le même arbitrage deux fois, parfois dans l’autre sens.

Tu copies des choses que personne n’a vérifiées. Un skill trouvé sur un dépôt public, installé en une commande, qui tourne chez toi avec accès à tes fichiers.

Aucune de ces trois dérives ne se voit le jour où elle commence. Elles se voient trois mois plus tard, quand plus rien ne se ressemble. Et moi le premier, j’ai créé un paquet de skills que je n’utilise jamais.

Les deux familles de skills

Il y a les skills qui fabriquent, et il y a les skills qui font le lien. Les premiers sortent un livrable que tu peux montrer. Les seconds ne sortent rien du tout : ils injectent quelque chose de toi dans le travail des autres skills, à chaque passage.

Comparaison des skills Claude Code de production, qui fabriquent un livrable, et des skills de liaison, qui propagent mémoire, voix et sécurité
Les skills de production sont remplaçables. Les skills de liaison, non : ils portent ce qui fait que c’est toi.

La différence pratique tient en une phrase. Un skill de production, tu peux le remplacer demain par un meilleur. Un skill de liaison, si tu l’enlèves, c’est tout le reste qui se désaligne.

Les 5 skills de liaison à créer en premier

Voilà les cinq que j’utilise le plus, dans l’ordre de construction que je recommande. Chacun règle une des dérives du dessus.

1. La passation de session, pour que rien ne se perde entre deux jours

Ce skill écrit la fin d’une session de travail et le début de la suivante. Il enregistre les décisions prises dans un journal, met à jour la mémoire longue et les tâches en cours, puis génère un texte de reprise que je colle dans la session d’après.

Je travaille souvent avec trois ou quatre sessions ouvertes en parallèle. Sans lui, elles se marchent dessus. Avec lui, chacune sait d’où elle repart.

Skill de fin de session Claude Code générant un texte de reprise avec les décisions actées et les fichiers clés
Ma vraie passation, le matin du tournage : je demande la fin de session, il sort le contexte de reprise pour la suivante.

Le déclencheur que j’utilise : le poids du contexte. Quand une session dépasse les 300 000 à 400 000 tokens, je sens l’IA devenir moins pertinente. C’est mon seuil, mesuré à l’usage, pas une règle officielle. À ce moment-là je clôture et je repars propre.

2. Le contradicteur, parce que ton IA est d’accord avec toi bien trop souvent

C’est le défaut le plus coûteux de ces outils. Tu changes d’avis, et l’IA te répond « super idée ». Tu changes encore, elle est encore d’accord.

Ce n’est pas une impression. Le phénomène a un nom, la sycophantie, et il est mesuré.

Aaron Fanous et ses collègues de Stanford l’ont retrouvé dans près de six réponses sur dix chez ChatGPT, Claude et Gemini, sur des tâches de mathématiques et de conseil médical.

Les travaux de Keyu Wang sur sept familles de modèles donnent des taux de complaisance allant de 47 % à 95 %, selon l’analyse d’Emmanuel Carré publiée dans The Conversation.

Les éditeurs eux-mêmes le reconnaissent. OpenAI a retiré une mise à jour de GPT-4o qu’elle qualifiait elle-même d’« overly flattering or agreeable », et expliquait dans son billet officiel :

in this update, we focused too much on short-term feedback, and did not fully account for how users’ interactions with ChatGPT evolve over time

OpenAI, avril 2025, texte relevé et archivé par Simon Willison

Autrement dit, la complaisance n’est pas un bug isolé : c’est ce que l’entraînement récompense.

Mon skill s’appelle /avocat. Son job est de me contredire. Le mécanisme tient en une ligne : il invoque un juge dans une fenêtre neuve, qui ne connaît pas la conversation qu’on vient d’avoir. Il ne subit donc pas la pente de l’échange, il lit le dossier à froid.

Le skill avocat de Claude Code rend un verdict argumenté sur une décision de titre de vidéo
Le verdict tel qu’il est tombé pendant le tournage, sur une vraie décision de titre. Cette fois il m’a donné raison, en expliquant pourquoi.

Je l’ai lancé en direct dans la vidéo sur une question réelle : est-ce que je garde le mot « skills » dans mon titre, ou est-ce que je le traduis pour un débutant ? Le juge a tranché, argument par argument. Il aurait pu dire non. C’est exactement pour ça qu’il existe.

Je m’en sers aussi en panel : plusieurs profils de lecteurs différents réagissent à un titre, une description ou une miniature avant que je publie. Sur une petite décision, l’intérêt se comprend. Sur un changement de processus, il devient évident.

3. La voix, pour que les textes sortent avec ton style et pas celui de l’IA

Ce skill produit un document qui décrit ta façon d’écrire : ta cadence, ton vocabulaire signature, ce que tu dis et ce que tu ne dis jamais. Pour le construire, j’ai demandé quelles sont les règles de l’art quand on analyse le style d’une personne, puis j’ai fait analyser mes propres transcriptions.

Le résultat n’est pas un skill que tu lances. C’est un fichier que tous les autres chargent obligatoirement avant d’écrire une ligne. Mon skill d’articles le charge, celui qui écrit mes accroches aussi.

Il faut toujours relire. Mais la première version arrive déjà proche de ta voix, au lieu d’arriver dans la voix moyenne d’internet.

4. Le filtre anti-tics d’IA, greffé partout

Quand une IA t’écrit un texte, elle laisse des traces de son passage. Des tournures, une ponctuation, des mots de liaison qu’elle place par habitude d’entraînement. Même dans un texte qui porte déjà ta voix.

J’ai recensé plus de 80 tics de ce genre en français dans ma propre bibliothèque, à force de les repérer. Le skill passe le texte au filtre et me signale ce qui trahit la machine, avant que je le lise.

J’ai détaillé la méthode complète dans cet article sur le tiret cadratin et les tics d’IA.

Le point important n’est pas le skill lui-même, c’est la greffe : six de mes skills de création de contenu appellent cette passe automatiquement avant de me rendre une première version. Je n’ai rien à déclencher.

5. L’audit de sécurité, le vigile de tout ce qui entre

Celui-là, on l’oublie, et c’est le plus dangereux à oublier. Un skill est un fichier texte qui peut demander à ton IA d’exécuter du code, de lire tes fichiers et d’appeler des services en ligne. Tu l’installes en une commande, souvent sans l’avoir lu.

Les chiffres sont sévères. Dans son étude ToxicSkills publiée le 5 février 2026, Snyk a analysé 3 984 skills disponibles publiquement : 36,82 % contiennent au moins une faille de sécurité, et 13,4 % au moins une faille critique.

Environ un skill sur dix embarque des identifiants en dur, et 91 % des skills franchement malveillants combinent du code malicieux avec une injection de prompt.

Mon skill d’audit fait deux passes : un scan automatique du code, puis une lecture d’intention sur ce qui a été signalé. Il me rend un drapeau vert, orange ou rouge.

Résultat du skill d audit de sécurité Claude Code : verdict sûr, zéro fail et zéro warning
Le scan du skill que je distribue, passé en direct dans la vidéo : zéro échec, zéro alerte, et le détail de ce qu’il a vérifié.

La règle que je te conseille : ne jamais installer un skill sans avoir fait analyser son code entier avant.

L’IA sert aussi bien les gens honnêtes que les autres, et les arnaques de ces derniers mois sont nettement plus élaborées qu’avant. Je vois passer sur les réseaux de gros comptes qui conseillent d’installer des choses vraiment dangereuses.

Ce qui tourne quand je ne suis pas là

Une fois ces cinq skills en place, une autre couche devient possible : celle qui travaille sans toi.

Chez moi, dès que j’allume mon ordinateur, des routines partent chercher ma matière et lancent une deuxième IA en arrière-plan pour trier, résumer et noter. Quand j’arrive le matin, c’est déjà analysé.

Un message tombe sur mon téléphone avec l’objectif du jour, la base d’idées est remplie, le calendrier s’est rangé, et les vieilles idées jamais traitées se périment toutes seules.

Les trois étapes du système IA qui tourne en arrière-plan chaque matin, et les quatre gestes qui restent humains
La couche d’arrière-plan ne remplace pas les quatre gestes de droite. Elle me les rend disponibles plus tôt dans la journée.

Ça ne s’est pas construit en un jour. C’est un empilement de tests, un après l’autre, pendant des mois. Mais à un moment le système commence à travailler pour toi, et c’est là qu’il faut redoubler d’attention.

Parce que même avec les derniers modèles, il reste des coquilles et des raccourcis. Ce qui ne bouge pas, c’est ce qui reste à toi : valider, choisir, réfléchir, contrôler. Le jour où tu arrêtes de faire ces quatre gestes, tu ne pilotes plus rien.

Par où commencer cette semaine

Si tu n’as encore aucun skill de liaison, ne les construis pas tous d’un coup. Prends-les dans cet ordre, un par semaine.

  1. La passation de session. C’est celui qui se rentabilise le premier jour. Demande à ton IA d’écrire un skill qui, en fin de session, résume les décisions prises, les fichiers touchés et ce qui reste ouvert, dans un texte prêt à coller ailleurs.
  2. L’audit de sécurité. À faire avant d’installer quoi que ce soit d’extérieur, pas après.
  3. La voix. Fais analyser trois ou quatre de tes propres textes, ou les transcriptions de tes vidéos, et fais-en un document de référence.
  4. Le contradicteur. Un skill qui ouvre une session neuve, lui donne le dossier sans l’historique de ta discussion, et lui demande de démolir ta décision.
  5. Le filtre anti-tics. Et surtout, greffe-le dans tes skills d’écriture, ne le laisse pas isolé.

La bascule ne vient pas du nombre de skills. Elle vient du moment où tes skills se parlent entre eux au lieu de tourner chacun dans son coin. C’est la même logique de progression par couches que je décris dans les 4 niveaux du créateur de contenu à l’ère de l’IA.

Le contradicteur, tu n’as même pas besoin de l’écrire. Je le donne dans ma communauté gratuite, la tribu des Libreneurs.

Récupérer le skill /avocat

Tu y télécharges le skill complet, prêt à poser dans ton dossier, avec la façon dont je l’ai branché dans mes autres skills. C’est gratuit.

Questions fréquentes

Combien de skills faut-il avoir pour bien travailler ?

Beaucoup moins que ce qu’on croit. J’en ai 34 et j’en lance cinq tous les jours. Le bon indicateur n’est pas le nombre installé, c’est le nombre que tu déclenches réellement dans une semaine.

Vaut-il mieux installer des skills tout faits ou les créer soi-même ?

Les deux, mais pas pour les mêmes usages. Un skill de production fait un travail générique, tu peux l’installer. Un skill de liaison porte ta mémoire, ta voix et tes règles, donc personne ne peut l’écrire à ta place.

Est-ce qu’un skill Claude Code peut être dangereux ?

Oui. L’étude ToxicSkills de Snyk a trouvé au moins une faille de sécurité dans 36,82 % des skills publics analysés, et une faille critique dans 13,4 %. Fais toujours analyser le code d’un skill avant de l’installer.

Comment empêcher l’IA d’être toujours d’accord avec moi ?

En sortant la décision de la conversation. Un juge à qui tu donnes seulement le dossier, sans l’historique de l’échange, n’a pas de pente à suivre. C’est ce que fait le skill contradicteur, et c’est pour ça qu’il lui faut une fenêtre neuve.

Faut-il savoir coder pour créer un skill de liaison ?

Non. Un skill, c’est un fichier texte qui décrit une méthode. Tu peux demander à ton IA de l’écrire à partir de la façon dont tu travailles déjà, puis le corriger à la main.

Un skill de liaison ralentit-il le travail ?

Un peu, à chaque passage. Une passe de vérification ou un juge indépendant prennent quelques dizaines de secondes. C’est très en dessous du temps que coûte une décision reprise deux fois ou un texte à réécrire entièrement.

Ce qu’il faut retenir

  • Les skills les plus utiles ne produisent aucun livrable, ils font le lien entre tous les autres.
  • Accumuler des skills de production fait dériver ta voix, te fait perdre le fil et t’expose à du code non vérifié.
  • Cinq skills couvrent ces trous : passation, contradicteur, voix, filtre anti-tics, audit de sécurité.
  • Ton IA est complaisante par construction : sans juge extérieur, tu n’obtiens presque jamais d’avis vraiment contraire.
  • Le système peut finir par tourner sans toi, mais valider, choisir, réfléchir et contrôler restent à toi.

Arrête de courir après les skills impressionnants. Construis d’abord ceux qui tiennent le reste, puis dis-moi lequel tu as monté en premier.

Rejoindre la tribu des Libreneurs

Marc-Antoine Richard

Marc-Antoine Richard, fondateur de Libreneur. Écologue de formation devenu expert web, il teste depuis 2014 les outils, l'automatisation et l'IA pour aider les solopreneurs à créer du contenu sans y laisser leur temps ni leur énergie. Il partage ses méthodes sur YouTube et dans la Tribu des Libreneurs.

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