En 2012, je ne savais pas ce qu’était le développement personnel.
Enfin si, j’en avais entendu parler. Mais c’était flou. Un truc de personnes qui répètent des phrases devant leur miroir, très loin de moi.
Cette année-là, je traversais une période compliquée sur le plan sentimental. Et je suis tombé sur un blog qui s’appelait Des livres pour changer de vie. Olivier Roland y résumait des livres, gratuitement, en détail, avec son avis honnête à la fin.
À ce moment-là, j’étais chef de projet développement durable. Contractuel assimilé fonctionnaire, avec six contrats enchaînés les uns derrière les autres. Pas tout à fait dans la case, mais exactement les mêmes journées que les autres.
Biologiste de formation, et je ne connaissais à peu près que ça.
Autour de moi, il y avait des salariés et des fonctionnaires. C’était le monde entier, pour moi.
Trois livres ont démonté ce monde-là, morceau par morceau. Les deux premiers, je les ai trouvés là. Voilà lesquels, et surtout ce qu’ils ont vraiment changé.

1. Surmonter les émotions destructrices, de Daniel Goleman
C’est le premier que j’ai lu, en février 2012.
Le livre raconte une rencontre organisée en 2001 entre le dalaï-lama, des moines bouddhistes et des scientifiques occidentaux. Le sujet : les émotions destructrices. Ce qu’elles sont, d’où elles viennent, comment on les gère, et jusqu’où on peut s’en libérer.

Mes journées, à ce moment-là, c’était la vie parisienne. Métro, boulot, dodo.
Et je portais une conviction que je n’avais jamais questionnée : j’étais persuadé d’être né avec certains traits de caractère et certains désavantages. Un point de départ qu’on ne choisit pas, et qu’on garde.
Je l’ai ouvert parce que j’allais mal. Je l’ai refermé avec une idée que je n’avais jamais eue de ma vie.
Rien n’est figé.
Tout ça peut évoluer. Tout ça peut changer, si tu y mets la motivation. Mes émotions n’étaient pas la météo, j’avais les manettes entre les mains.
Et là, une barrière que je trimballais depuis toujours a simplement cessé d’exister.
Écrit comme ça, ça paraît évident. À l’époque, pour moi, ça ne l’était pas du tout. Ça m’a surtout donné énormément d’espoir pour la suite.
Donc voilà. C’est ce livre qui m’a fait comprendre que le développement personnel n’était pas une posture. C’était la clé pour avancer vers ce qui me correspond. Et à partir de là, je n’ai plus arrêté de lire.
2. La semaine de 4 heures, de Tim Ferriss
Je l’ai trouvé sur le même blog, en 2013.
Le résumé y était publié depuis le 3 janvier 2010. Il m’attendait depuis trois ans et je n’en savais rien.
Et là, ce n’était plus une lecture. C’était un électrochoc.

Tim Ferriss expliquait qu’on pouvait travailler autrement. Pas travailler plus vite, pas mieux s’organiser. Autrement. Ne plus vendre son temps. Construire quelque chose de digital qui tourne. Bosser d’où on veut sur la planète, quand on veut.
Je le redis parce que c’est le cœur du truc : je ne savais pas que c’était possible.
Personne autour de moi ne faisait ça. Le seul modèle que je connaissais, c’était d’échanger ses heures contre un salaire, et de recommencer le lundi suivant pendant quarante ans.
Au printemps 2014, un an après cette lecture, j’ai quitté mon poste.
Il n’y a pas eu de scène. Mon directeur a compris tout de suite, et je crois même qu’il était content de me voir partir vers un truc qui me passionnait visiblement.
J’ai déménagé. J’ai monté une société avec un ami, et j’ai commencé.
Ce que je ressentais à ce moment-là, c’était de l’excitation pure. Il y avait des mondes entiers à découvrir. Le marketing, l’entrepreneuriat, la création web, la création de contenu. Plus aucune grille dans laquelle rentrer, plus aucune barrière. C’était grisant.
Et puis je me suis assis devant mon écran pour la première fois.
Et là, la douche. Attends. Comment je m’organise ? C’est tellement immense. Par quoi je commence ?
Je me rappelle très bien cette sensation. J’avais une idée de projet, j’avais un associé, et je n’avais aucune idée de par où attaquer. Mais je n’avais qu’une envie, apprendre et démarrer.

Ce livre ne m’a pas rendu libre du jour au lendemain, loin de là. La suite a été beaucoup plus longue et beaucoup plus cabossée que ce que promet le titre. Il a juste ouvert une porte dont j’ignorais l’existence. Après, il a fallu marcher. Je marche encore.
Un détail me plaît particulièrement dans cette histoire. Olivier Roland, qui tient ce blog, a découvert le même livre en mars 2008. Il en dit ceci : « La semaine de 4 heures a complètement changé ma vie. » Et il va même plus loin quand il parle de son blog.

Donc il lit un livre, ça le retourne, il prend le temps d’en écrire le résumé. Cinq ans plus tard, un type qu’il ne connaît pas tombe dessus (moi), et ça le retourne à son tour.
C’est exactement ce qu’il explique ailleurs. Une pièce de contenu, c’est comme un petit clone de soi qui travaille pour nous 24 heures sur 24 sur le web. Sauf que là, le clone ne fait pas que travailler. Il change des trajectoires, des années après, sans que personne le pilote.
3. High Performance Habits, de Brendon Burchard
Celui-là est arrivé bien plus tard. Je l’ai lu en anglais, il n’a jamais été traduit en français.
Et c’est celui qui m’a le plus marqué des trois.

Brendon Burchard n’a pas écrit un livre d’opinion. Il a construit un indicateur de haute performance et il l’a testé sur plus de 30 000 personnes dans 195 pays, chiffres qu’il donne dans son livre. Il s’appuie aussi sur plus de 3 000 séances de coaching et sur des centaines d’entretiens avec des gens au sommet de leur domaine.

Sa conclusion m’a mis une claque.
Ce qui fait la haute performance, ce n’est ni l’âge, ni l’éducation, ni l’origine, ni la nationalité, ni le genre. Ce sont les pratiques et les habitudes. En clair, la plupart des excuses qu’on se donne pour ne pas vivre la vie qu’on veut ne tiennent pas debout.
Et son but n’est pas de fabriquer des gens qui collectionnent les exploits. C’est l’alignement. Vivre selon ses propres critères, dans tous les domaines de sa vie en même temps.
Qu’est-ce que j’en ai gardé concrètement ?
D’abord une histoire de pauses. Toutes les 45 minutes à une heure, je m’arrête, je m’étire, je bouge. Sans ça, j’ai l’esprit embrumé et je fatigue vite. Avec, je tiens ma journée entière. C’est un petit truc, mais il a changé beaucoup de choses pour moi.
Ensuite, augmenter les productions qui comptent. Dans chaque projet, il y a deux ou trois choses qui décuplent les résultats, et tout le reste. Chez moi, ce sont mes vidéos et les outils que je construis pour aider les autres à créer. Quand je passe la majorité de mon temps là-dessus, tout avance. Quand je m’en éloigne, rien ne bouge.
Et puis une habitude de tri. Je regarde ce que je fais de mes journées et je me demande si ça m’apporte assez de sens et de valeur, ou si c’est l’inverse. Ça ne règle rien tout seul. Mais à partir de là, je choisis en connaissance de cause au lieu de subir.
Il reste un dernier point, et c’est peut-être le plus important.
C’est ce livre qui m’a fait comprendre pourquoi il faut aimer les challenges et honorer l’épreuve. C’est l’inconfort qui me fait grandir. À chaque fois que je vais le chercher, j’en ressors plus solide. Ça m’a mené jusqu’au principe d’hormèse en santé naturelle, ce moment où une petite dose de stress rend l’organisme plus résistant.

Le jour où tu commences à apprécier l’inconfort au lieu de l’éviter, ta vie change vite. On est toujours bien plus fort que ce que l’on croit.
Ce que ces trois livres ont fabriqué
Je ne m’en étais jamais rendu compte avant d’écrire cet article, mais ils forment une séquence.
Daniel Goleman m’a donné les manettes. Avec Tim Ferriss, j’ai compris qu’une autre vie de travail existait carrément. Et tenir dans la durée, ça, c’est Brendon Burchard qui me l’a appris, de loin le plus dur des trois.
Les deux premiers m’ont fait partir. Le troisième est arrivé bien après, et c’est lui qui m’a permis de rester.
Mais il y a autre chose, et je ne l’ai vue qu’après coup. Ces trois livres ne m’ont pas seulement appris des choses. Ils m’ont appris quelque chose sur moi que j’ignorais : que j’étais extrêmement curieux, et que rien n’était fermé. Ni mon caractère, ni mon métier, ni l’endroit où j’allais vivre.
Tout le reste a découlé de là.

Douze ans après avoir quitté mon poste, j’aide des solopreneurs à créer leur contenu sans y laisser leur temps ni leur énergie. Et quand j’y repense, je fais exactement ce que ce blog a fait pour moi en 2012. Prendre le temps de mâcher un truc compliqué, et le rendre utilisable par quelqu’un d’autre.
Si tu veux voir à quoi ça ressemble aujourd’hui, je partage tout ça dans la Tribu des Libreneurs, ma communauté gratuite.
Cet article participe à l’événement « Les 3 livres qui ont changé ma vie » du site Des livres pour changer de vie. C’est ce site qui m’a mis deux de ces trois livres entre les mains, alors la boucle est bouclée. Et mon article préféré sur ce site, sans hésiter une seconde, c’est le résumé de La semaine de 4 heures, publié le 3 janvier 2010. C’est le texte exact qui a déclenché tout le reste.
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